Énergie·Sobriété

Bouilloire, cafetière, sèche-cheveux : ce qu'ils coûtent vraiment

2 200 W sur l'étiquette, cinq minutes de marche par jour : la bouilloire coûte 17 € par an. Le tableau complet des petits appareils, et les trois qui coûtent vraiment cher.

Publié le · par Gaëtan Rebut

Bouilloire, cafetière, sèche-cheveux : ce qu'ils coûtent vraiment
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Une bouilloire de 2 200 W allumée cinq minutes par jour coûte environ 17 € par an. Additionnez tous les petits appareils d'une cuisine et d'une salle de bains — cafetière, grille-pain, sèche-cheveux, fer, aspirateur — et vous tournez autour de 75 € sur douze mois, l'équivalent de quatre à six jours de chauffage électrique en plein janvier.

Le calcul se refait avec vos propres tarifs : puissance en kilowatts × durée de marche en heures × prix du kWh. La bouilloire, c'est 2,2 kW pendant 0,08 heure, donc 0,18 kWh dans la journée. En 2026, un particulier paie entre 0,20 et 0,27 € le kWh TTC selon son option tarifaire et son fournisseur ; tout ce qui suit est posé à 0,25 €, à vous d'ajuster la dernière colonne.

Sept appareils, leur temps de marche réel, leur facture

Les durées retenues sont celles d'un foyer ordinaire, rien d'ascétique : trois chauffes de bouilloire, deux passages de cafetière, un brushing, du repassage le dimanche.

AppareilPuissance affichéeUsage quotidien réelkWh/anCoût/an à 0,25 €
Bouilloire (3 chauffes de 0,5 L)2 200 W5 min6717 €
Cafetière filtre (2 passages, verseuse isotherme)900 W12 min6616 €
Machine à capsules (4 cafés, arrêt automatique)1 400 W4 min348,50 €
Grille-pain1 000 W4 min246 €
Sèche-cheveux1 800 W5 min5514 €
Fer à repasser2 000 W20 min par semaine359 €
Aspirateur800 W30 min par semaine215 €

Un peu plus de 300 kWh au total, dans un logement chauffé à l'électricité qui en consomme 10 000 à 15 000 dans l'année. Ces sept appareils pèsent donc 2 à 3 % de la facture. Un « 2 000 W » imprimé sur une étiquette n'annonce pas une catastrophe : il annonce un appareil qui tire beaucoup, très peu longtemps.

L'eau que vous ne buvez pas coûte plus cher que celle que vous buvez

Chauffer 0,25 L pour une tasse demande environ 0,03 kWh. Remplir la bouilloire à ras bord, 1,7 L, en demande sept fois plus pour la même tasse : 0,20 kWh. Le reste refroidit dans le bec, sera réchauffé demain ou jeté dans l'évier.

Trois chauffes quotidiennes systématiquement pleines au lieu d'ajustées, cela représente 150 kWh de plus dans l'année, autour de 38 €. L'eau gaspillée coûte donc plus du double de l'eau bue. C'est le seul geste de tout cet article qui rapporte vraiment quelque chose : verser dans la bouilloire le contenu de la tasse ou de la théière, pas davantage. Trois repères pour ne pas avoir à réfléchir — une tasse, 0,25 L ; une théière, 0,5 L ; une casserole de pâtes pour quatre, 1,5 L.

Relancer une bouilloire oubliée coûte les deux tiers d'une chauffe complète, l'eau étant redescendue vers 45 °C. Deux relances par jour ajoutent 7 € à l'année. Rien de dramatique, mais c'est autant que le grille-pain.

Bouilloire ou casserole : tout dépend de votre plaque

La bouilloire chauffe avec une résistance plongée dans l'eau. Presque rien ne part à côté, le rendement approche 80 à 85 %. Une plaque, elle, doit d'abord chauffer le verre ou la fonte, puis le fond du récipient, et une bonne partie de la chaleur s'échappe autour de la casserole.

Pour un litre porté à ébullition, cela donne à peu près 0,12 kWh à la bouilloire, 0,12 à 0,13 sur une plaque à induction, 0,15 à 0,17 sur une vitrocéramique radiante. L'écart réel entre bouilloire et vitrocéramique tourne autour d'un centime par litre : quelques euros sur une année, si vous faites bouillir de l'eau tous les jours. Face à l'induction, il devient trop faible pour se lire sur une facture. La bouilloire garde un avantage incontestable, la vitesse, et c'est à peu près tout. Le détail des consommations plaque par plaque est dans notre comparatif four, micro-ondes et plaques.

Le geste qui compte à la casserole ne coûte rien non plus : le couvercle. Sans lui, l'eau met une à deux minutes de plus à bouillir et la plaque continue de tirer pendant ce temps. Un gros bouillon ne cuit pas plus vite qu'un frémissement, il évapore simplement votre électricité.

Les vrais gouffres sont les appareils qui restent chauds

Un appareil qui chauffe cinq minutes ne coûte rien. Un appareil qui maintient une température pendant des heures change de catégorie, même avec une puissance dérisoire sur l'étiquette.

SituationPuissance appeléeDurée réellekWh/anCoût/an à 0,25 €
Cafetière filtre laissée sur sa plaque chauffante90 W3 h par jour9925 €
Machine expresso ancienne, chaudière maintenue chaude12 W en moyenne14 h par jour6115 €
Sèche-serviettes électrique laissé en continu l'hiver700 W (par cycles)5 h par jour, 6 mois630158 €

La plaque chauffante d'une cafetière filtre coûte ainsi plus cher que le café qu'elle garde au chaud, et le liquide devient de toute façon imbuvable au bout d'une heure. Une verseuse isotherme règle les deux problèmes d'un coup.

Pour les machines à capsules, la peur est largement périmée. Celles vendues depuis une dizaine d'années s'éteignent seules après quelques minutes et retombent sous 0,5 W : elles ne posent aucun problème, quoi qu'en disent les listes de gestes verts qui circulent. Les modèles plus anciens, en revanche, gardent leur bloc de chauffe prêt à l'emploi tant qu'on ne coupe pas l'alimentation, d'où l'intérêt d'une multiprise à interrupteur sur ce coin du plan de travail. Nous avons chiffré ailleurs ce que pèse réellement la veille des appareils : beaucoup moins que la légende, sauf précisément pour ce qui chauffe.

Quant au sèche-serviettes, il ne relève pas des petits appareils. C'est un radiateur, et laissé en marche du matin au soir de novembre à avril, il coûte à lui seul deux fois tout le premier tableau réuni. Une minuterie d'une heure au moment de la douche sèche les serviettes aussi bien.

Un wattmètre à 20 € tranche le débat en une semaine

Rien de ce qui précède ne remplace une mesure chez vous. Un wattmètre se glisse entre la prise et l'appareil, affiche la puissance instantanée et, surtout, cumule les kilowattheures sur plusieurs jours. C'est ce cumul qui compte : il révèle les durées de marche que personne n'estime correctement, à commencer par les siennes.

Une fois les mesures faites, il finira dans un tiroir. C'est un instrument de diagnostic, pas une source d'économies, et il restera muet sur les deux postes qui font vraiment la facture.

Ces deux postes, les voici. Dans un logement tout électrique, le chauffage représente 8 000 à 12 000 kWh par an, et l'eau chaude sanitaire 1 500 à 2 500 kWh pour une famille de quatre. Face à cela, débrancher le grille-pain relève du folklore. Descendre le thermostat d'un degré fait baisser la consommation de chauffage d'environ 7 %, et caler le chauffe-eau sur les heures creuses déplace la production d'eau chaude vers un tarif nettement moins cher. Chacun de ces deux réglages rapporte vingt à trente fois ce que rapporte le grille-pain.

Alors, pour la prochaine fois qu'on vous conseillera de surveiller la bouilloire : sur une année entière, elle coûte ce qu'un logement chauffé à l'électricité brûle en chauffage dans une seule journée de février.

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