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Tarifs réglementés du gaz et de l'électricité : ce qui a changé

Le tarif réglementé du gaz a disparu en 2023, l'électricité garde son Tarif Bleu. Ce que ça change pour choisir une offre, le comparateur officiel du médiateur et les pièges du démarchage et des offres « à prix de marché ».

Publié le · par Admin

Un commercial vous presse de « profiter d'un prix bloqué avant la hausse », ou un courrier vous annonce la « fin du tarif réglementé ». Pour le gaz, ce tarif a bel et bien disparu le 30 juin 2023. Pour l'électricité, il existe toujours. Cette asymétrie est précisément ce sur quoi jouent les arguments commerciaux les plus douteux.

Gaz : plus aucun tarif réglementé depuis 2023

Le tarif réglementé de vente du gaz (TRV gaz), proposé par Engie et fixé par les pouvoirs publics, a été définitivement supprimé le 30 juin 2023. Rien d'improvisé : la loi Énergie-Climat du 8 novembre 2019 avait programmé cette fin, après que le Conseil d'État eut jugé ce tarif contraire au droit de la concurrence.

Résultat, il n'existe plus aucune offre de gaz « au tarif réglementé ». Chez Engie comme chez les fournisseurs alternatifs, tous les contrats sont désormais des offres « à prix de marché ». Les ménages encore au TRV gaz à l'été 2023 ont été basculés automatiquement, sans coupure ni démarche de leur part, sur une offre de transition.

D'où un test infaillible : si un démarcheur vous propose de « revenir au tarif réglementé du gaz » ou de vous y « maintenir », il ment, puisque ce tarif a cessé d'exister. Raccrochez.

Pour le gaz, il reste un seul repère public : le prix repère de vente du gaz publié chaque mois par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). On ne peut pas le souscrire. Il sert uniquement à jauger le niveau des offres du marché.

Électricité : le Tarif Bleu n'a pas bougé

L'électricité suit une autre logique. Le tarif réglementé de vente d'électricité, commercialisé par EDF sous le nom de Tarif Bleu, reste accessible aux particuliers et aux petits professionnels dont la puissance de compteur ne dépasse pas 36 kVA — c'est-à-dire la quasi-totalité des foyers.

Encadré par les pouvoirs publics, il évolue selon un calendrier connu : révision généralement au 1er février et au 1er août, sur la base des propositions de la CRE. Au 1er février 2026, il a légèrement baissé en moyenne, après une baisse plus marquée en 2025.

Pourquoi s'y intéresser même si vous n'y êtes pas ? Parce qu'il sert de repère de référence à tout le marché. Une offre « à prix de marché » se mesure presque toujours à lui : « -10 % sur le prix du kWh par rapport au tarif réglementé », par exemple. Reste à savoir si la réduction porte sur l'abonnement ou sur le kWh, et pour combien de temps.

« Prix de marché » : ce que l'expression recouvre

Une offre à prix de marché peut prendre plusieurs formes, et l'écart entre elles est réel :

  • Prix indexé sur le tarif réglementé : le prix suit les variations du Tarif Bleu, moins un pourcentage de remise. La remise est connue, mais le prix de base bouge.
  • Prix fixe : le prix du kWh est garanti pendant une durée déterminée (souvent 1, 2 ou 3 ans). Rassurant si les prix montent, perdant s'ils baissent. Méfiance : certains contrats ne fixent que le prix de l'énergie, en laissant courir l'acheminement et les taxes.
  • Prix indexé sur les marchés de gros : très bas en période calme, mais exposé à de fortes hausses. Réservé aux profils avertis.

Aucun de ces contrats n'est « le tarif réglementé ». Vous pouvez en changer librement, sans frais ni pénalité, et sans coupure d'alimentation : votre compteur est exploité par le gestionnaire de réseau, pas par le fournisseur.

Le bon réflexe : le comparateur officiel

Pour comparer sans atterrir sur un site qui touche une commission à chaque souscription, un seul outil fait autorité : le comparateur officiel du médiateur national de l'énergie, sur energie-info.fr. Le médiateur est une autorité publique indépendante, sans lien capitalistique avec les fournisseurs et sans rémunération de leur part.

La loi oblige tous les fournisseurs présents en France à y inscrire l'ensemble de leurs offres et à les tenir à jour. Le comparateur ne collecte pas vos données personnelles et ne vous met en relation avec personne : il vous donne une vue neutre, et c'est à vous de souscrire ensuite directement auprès du fournisseur retenu.

Munissez-vous de deux chiffres avant de comparer : votre consommation annuelle (en kWh, lisible sur vos factures) et la puissance de votre compteur. Pour bien les lire et tordre le cou aux idées reçues, voyez notre dossier sur ce que vaut vraiment le compteur Linky. Et si l'option tarifaire vous fait hésiter, notre comparatif heures creuses / heures pleines vous aide à trancher selon vos usages réels.

Démarchage : connaître ses droits avant de signer

La fin du TRV gaz et la libéralisation du marché ont nourri un démarchage parfois agressif, qui prospère sur la confusion. Voici les règles essentielles. Elles valent que la signature ait lieu à votre porte, par téléphone ou en ligne.

Votre droitCe que dit la règle
Rétractation14 jours pour revenir sur votre engagement, sans justification ni pénalité, à compter de la signature du contrat.
Pas de paiement immédiatAprès un démarchage à domicile, le professionnel ne peut recevoir aucun paiement avant un délai de 7 jours suivant la signature (article L. 221-10 du Code de la consommation). Cela vaut aussi pour un chèque non encaissé ou une autorisation de prélèvement.
Démarchage téléphoniqueVous pouvez raccrocher : refuser n'a aucune conséquence. Un encadrement renforcé, exigeant l'accord préalable du consommateur (logique de « consentement »), est prévu par la loi du 30 juin 2025 pour s'appliquer à compter de l'été 2026.

Certaines phrases doivent faire raccrocher ou refermer la porte : « le tarif réglementé du gaz revient », « votre fournisseur va augmenter, signez vite », « je viens vérifier votre compteur pour vous faire baisser la facture ». Un vrai conseiller ne met jamais sous pression et ne réclame jamais de paiement le jour même.

En cas de doute ou de litige

  • Ne communiquez jamais le numéro de votre compteur (PRM/PCE) ni un RIB à un interlocuteur non sollicité : ces éléments suffisent à enclencher un changement de contrat.
  • Si vous avez signé puis changé d'avis, envoyez le formulaire de rétractation par lettre recommandée avec accusé de réception, dans le délai de 14 jours.
  • En cas de litige non résolu avec un fournisseur après réclamation écrite, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur national de l'énergie.

Un dernier point, souvent oublié : selon votre situation, le choix d'une offre n'épuise pas le sujet de la facture. Vous pouvez aussi avoir droit à une aide. Notre guide sur le chèque énergie 2026, ses conditions et son montant détaille ce coup de pouce — à ne surtout pas confondre avec une remise commerciale agitée par un démarcheur.

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